LE PARADIS ET COMPAGNIE - EPISODE 23 - Clara (le secrétariat de Dieu le Père) : Allô ? Lui : Allô, le Père ? le Vieux ? le père du petit enfin... Clara : Ah, il est en conférence, Monsieur. Et qui est-ce qui le demande ? Lui : Écoutez, son fils ou lui m'ont écrit un message urgent personnel, il faut que je parle à un des deux... Clara: Bon je vous passe l'adjoint de monsieur Dieu Père. Lui : Bon, passez-moi l'adjoint du Vieux, d'accord, allons-y, alors, allons... (Tschak ! Tschak !) Georgette (Secrétariat de l'adjoint de Dieu le Père) : Allô ? Lui : L'adjoint du Vieux, Mademoiselle, vous me le passez, s'il plaît ? Georgette : Oh, il peut pas vous répondre, Monsieur... Lui : Il ne peut pas me répondre ? (Hystérique.) Eh bien, qu'il crève la gueule ouverte, celui-là !!! Georgette : Ben Monsieur, justement il est à l'hôpital... Lui : Je ne pouvais pas savoir qu'il était à l'hôpital, excusez-moi, mais je n'en peux p...
LA MUSIQUE Dès l'entrée en sixième chez les religieuses, il avait été décidé que Claire apprendrait à jouer du piano. Les leçons de musique avaient lieu dans une aile réservée de l'école, dans des box de verre aux parois doubles où s'alignaient vingt pianos droits, bien sages comme de gros poissons dans un aquarium. De chaque box, pendant les récréations, s'envolaient des arpèges. Sœur Marie Joachim, la religieuse hongroise, était le professeur de musique. On ne pouvait imaginer rien de plus sévère que son visage grêlé de taches de son, son nez retroussé, ses lunettes cerclés de fer. Elle scandait du pied les exercices de Czerny que déchiffrait Claire, terrorisée. Il fallait que chaque doigt frappe juste la bonne note, et très fort ; c'est ainsi que l'enfant avait rencontré, pour la première fois, la musique.
C’est le printemps, les prés sont en fleurs. Un éblouissement de couleurs dans l’herbe, par-delà la cour de la ferme. Au loin, la grosse montagne qu’on appelle « le Plomb » commence à se colorer de vert très clair avec des taches blanches d’aubépine, parmi les teintes sombres des sapins. Partout des pâquerettes, étoiles blanches, des fleurs de dents-de-lion jaunes comme des soleils, de petites fleurs d’un bleu vif, les « yeux de Marie » et le rose mauve des fleurs de trèfle. Cachées dans l’herbe, des violettes qui sentent bon. Près de la haie, en bordure du chemin, des anémones blanches. Marianne cueille une à une ces jolies fleurs, en fait un bouquet qu’elle tient dans sa petite main et court le porter à tata Rose. Dans le ciel, très haut, passent des avions qui laissent une trainée blanche. - Ils vont bombarder une ville dans le midi, dit tata Rose, comment ça va-t’il finir ? Joseph sort de...
Commentaires
Enregistrer un commentaire