LE PARADIS ET COMPAGNIE - EPISODE 23 - Clara (le secrétariat de Dieu le Père) : Allô ? Lui : Allô, le Père ? le Vieux ? le père du petit enfin... Clara : Ah, il est en conférence, Monsieur. Et qui est-ce qui le demande ? Lui : Écoutez, son fils ou lui m'ont écrit un message urgent personnel, il faut que je parle à un des deux... Clara: Bon je vous passe l'adjoint de monsieur Dieu Père. Lui : Bon, passez-moi l'adjoint du Vieux, d'accord, allons-y, alors, allons... (Tschak ! Tschak !) Georgette (Secrétariat de l'adjoint de Dieu le Père) : Allô ? Lui : L'adjoint du Vieux, Mademoiselle, vous me le passez, s'il plaît ? Georgette : Oh, il peut pas vous répondre, Monsieur... Lui : Il ne peut pas me répondre ? (Hystérique.) Eh bien, qu'il crève la gueule ouverte, celui-là !!! Georgette : Ben Monsieur, justement il est à l'hôpital... Lui : Je ne pouvais pas savoir qu'il était à l'hôpital, excusez-moi, mais je n'en peux p...
LA MUSIQUE Dès l'entrée en sixième chez les religieuses, il avait été décidé que Claire apprendrait à jouer du piano. Les leçons de musique avaient lieu dans une aile réservée de l'école, dans des box de verre aux parois doubles où s'alignaient vingt pianos droits, bien sages comme de gros poissons dans un aquarium. De chaque box, pendant les récréations, s'envolaient des arpèges. Sœur Marie Joachim, la religieuse hongroise, était le professeur de musique. On ne pouvait imaginer rien de plus sévère que son visage grêlé de taches de son, son nez retroussé, ses lunettes cerclés de fer. Elle scandait du pied les exercices de Czerny que déchiffrait Claire, terrorisée. Il fallait que chaque doigt frappe juste la bonne note, et très fort ; c'est ainsi que l'enfant avait rencontré, pour la première fois, la musique.
Décembre 1943, quelque part dans le Cantal. Une grosse ferme faite de vieilles pierres. Dans la cour, des poules qui courent dans la neige, des oies qui ne savent pas ce qui leurs arrivera à Noël, quelques canards, un dindon. Dans l’étable, un bœuf et deux vaches, bien au chaud. La petite fille a quatre ans et demi, elle a de gros souliers à semelle de bois, des bas de laine, un manteau bleu marine chaud. Ses boucles rousses font flamber le soleil autour de sa tête. Elle caresse la tête du chien Miraud, un setter blanc et noir, qui tourne en rond autour de sa corde d’attache. Tata Rose, la fermière, l’appelle : - Marianne, rentre à la cuisine, il fait froid et c’est bientôt l’heure d’aller à la messe ! La petite fille entre dans la grande salle de la ferme, où tout est gris et sombre : les murs crasseux, la grande cheminée où es...
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